Parcours professionnel

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Je suis ce qu'on appelle «un bac +4», diplômé de l'Ecole Supérieure de Commerce de Nice à Sophia Antipolis à l'issue de concours d'entrée et de sortie. Suite à quoi j'ouvre mon premier magasin Fly au cœur de ma ville natale en 1981: Nice. Mon équipe, mon travail actif et la qualité de l'enseigne qui démarre en France me permettent d'ouvrir plusieurs magasins dans le Sud Est et de devenir rapidement le premier franchisé de France.

Mes résultats construisent la confiance des banques et j'en profite pour acquérir différents biens immobiliers dés ces années 80. En 1991 je suis d'ailleurs nommé meilleur Gestionnaire de France par le Mobilier européen (1 milliard d'euros de CA) qui réitèrera cette distinction en 1997. Cette même année je reçois le Trophée de l'Emploi par le Ministre des PME, Jean Pierre Raffarin.

En 2000, après prés de 20 ans de travail acharné où j'œuvrais 365 jours par an, sauf les années bissextiles je décide de vendre mes affaires (34 points de vente). Le fait générateur est le «départ» de mon père. Il était retraité depuis 14 ans et nous étions très proches.

Ce dimanche matin 30 avril 2000 alors que je travaille comme d'habitude à mon bureau de Carros (Alpes Maritimes), je suis en ligne avec le directeur d'un magasin vauclusien pour parler de ses résultats du samedi. En effet à cette époque je suis propriétaire d'un ensemble de PME qui rassemble 34 points de vente répartis en Ile de France et dans le Sud-Est de la France. Le groupe rassemble près de 400 personnes.

Malheureusement, cette conversation téléphonique va être écourtée par un autre appel, de la clinique Saint Georges (Alpes Maritimes). Mon père y est hospitalisé depuis quelques jours pour un cancer du pancréas. On m'informe qu'il vient de décéder suite à un arrêt cardiaque puisqu'il n'a pas supporté l'opération qu'on venait de lui faire ...

Je suis abasourdi, je raccroche avec mon autre interlocuteur en lui disant simplement «mon père vient de mourir», et je fonce à la clinique tout en prévenant ma famille proche...

Mon père avait pris sa retraite de chef d'entreprise le 1er janvier 1986 en me cédant les cinq magasins qu'il avait ouverts avec son frère. Son métier de menuisier et sa capacité de travail l'avaient bien servi dans cette démarche mais il était ce qu'on appelle «un bon vivant» et cela est rarement favorable à une belle longévité.

Alors que j'étais un homme d'affaires hyperactif, j'ai les jambes coupées par cette nouvelle et je m'aperçois que toute l'action professionnelle que je menais avec vaillance depuis 20 ans, l'était pour que papa soit fier de moi. Je téléphone le 2 mai 2000 à mon franchiseur dont j'étais largement le 1er franchisé (mon groupe réalisait autant de chiffre d'affaires que les 4 franchisés, suivants) pour lui annoncer la mort de mon père et ma volonté d'arrêter de travailler. La bonne gestion de mon franchiseur et la place de mon groupe, permettent un accord financier rapide. Je perçois 7 millions de francs d'acompte dès le mois de juillet 2000 et le solde le 30 septembre. Cela a été aussi permis par la bonne volonté de ma sœur, actionnaire de l'entreprise comme moi, puisqu'elle consentit à ce changement professionnel brutal.

Cet évènement impliquera mon changement de vie et j'allais alors me consacrer à l'action politique. Je vends les fonds de commerce mais je conserve «les murs» ce qui me permet de vivre désormais des loyers perçus et de disposer de temps disponible.